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En
1976, avec le Telstar, Coleco (une contraction de
COnneticut LEather Company) fut la première société à vendre
un système de jeu pour la maison avec « une puce dédiée » (L’Odyssey
de Magnavox, basée sur une technologie analogique, fut
la première console de jeu vidéo début 1973). Se basant sur
l’énorme succès de ce premier essai, Coleco décida de produire
9 modèles différents du Telstar. Mais en un an, 75 autres
fabricants ont lancé leurs propres modèles, et combiné aux
à-coups de production, à la pénurie de puces et une montée en
puissance dans le domaine des jeux électroniques (handheld
games), Coleco a frisé la catastrophe. Alors que Coleco
avait vendu pour plus de 20 millions de dollars de jeux
électroniques, la société a dû se débarrasser de plus d’un
million de consoles Telstar, perdant plus de 22,3 millions de
dollars en 1978. En introduisant des consoles utilisant des
cartouches, Fairchild puis Atari ont tué le
marché des simples consoles pong.
Le premier juin 1982, Coleco entre de nouveau dans l’arène en
annonçant son système de jeu vidéo de “troisième génération”,
la Colecovision. Ventant sa « qualité arcade », la
Colecovision s’attaquait de front à l’hégémonique Atari 2600.
La
majeure partie de la logithèque de Coleco était constituée de
jeux d’arcade négligés par la concurrence comme Venture
et Lady Bug. Avec une logithèque de 12 titres et un
catalogue annonçant la sortie prochaine d’une dizaine d’autres
(dont beaucoup ne verront jamais le jour), le premier million
de Colecovisions s’est écoulé en un temps record.
En 1983, la console est en tête des
palmarès des ventes, devançant Atari et Mattel. Une
grande part de son succès étant dû à la présence du jeu
Donkey Kong vendu avec la console. Rapidement il y eut
plus de cartouches sur Colecovision que sur aucun autre
système, excepté sur Atari 2600. Mais avec le module de
conversion de jeux 2600, c’est sur Colecovision que l’on
pouvait avoir le plus de jeux.
La Colecovision a introduit deux nouveaux concepts dans
l’industrie du jeu vidéo – la capacité d’étendre le hardware
de la machine et la possibilité de jouer à des jeux issus
d’une autre plateforme. Le kit d’extension permettant de jouer
aux jeux Atari 2600 a provoqué une avalanche de litiges entre
Atari et Coleco. Une fois décantés, il s’avéra que les
tribunaux décidèrent que Coleco était dans son droit. Du coup,
enfonçant le clou, Coleco produisit la console Gemini,
qui était en fait un clone de l’Atari 2600, fournie avec
joysticks et paddles.
Coleco
fut aussi le premier fabriquant de jeux vidéo à consacrer la
majorité de sa gamme de jeux aux conversions de jeux d’arcade,
mettant à profit la supériorité graphique de la Colecovision
pour faire des jeux s’approchant au plus prés de la qualité
des originaux, même si parfois un écran ou un niveau était
manquant.
Le succès de Coleco provoqua réellement un électrochoc sur le
marché. En un an, l’action de la société a été multipliée par
6.
Malheureusement,
la Colecovision a subi le même sort que l’ensemble du marché
lors du crack du jeu vidéo en 1984. L’échec du
micro-ordinateur Adam de Coleco n’a fait que compliquer
les choses. Etant en retard, la rumeur veut que Coleco ait
utilisé l’ordinateur d’un autre constructeur comme prototype
lors de sa présentation au CES tandis que la partie soft était
en cours de développement sur le vrai prototype. Certains
pensent que sans les ventes des poupées Cabbage Patch,
Coleco n’aurait pas tenu plus longtemps. Mais même ces poupées
n’auraient pu assurer l’avenir de la société, et quelques
années plus tard, c’en était fini de Coleco. L’ironie veut que
ce soit Mattel (le constructeur de l’Intellivision) qui
possède désormais les droits sur les poupées Cabbage Patch.
La
production de la Colecovision fut stoppée en 1984. Les
derniers titres Coleco (Illusions, Spy Hunter,
Telly Turtle, et Root Beer Tapper) se firent
rares dans les magasins. Rapidement, Telegames racheta
la majeure partie du stock de Coleco et produisit même
quelques titres. En 1991, une société de vente de matériel
électronique par correspondance vendait des cartes mères et
des joysticks de Colecovision.
Quand Coleco jeta l’éponge, ils avaient vendu 6 millions de
Colecovisions en seulement deux ans, sachant que la deuxième
année était en plein dans le crack. Nombreux sont ceux qui
pensent que sans le crack des jeux vidéo de 84, Coleco aurait
pu traverser la décennie 80 en étant le système phare, surtout
avec le module Super Game qui était annoncé. Il était
clairement supérieur à Atari et Mattel, mais n’a pas eu la
base de consoles installées suffisante pour pouvoir traverser
le crack.
Source : Colecovision FAQ - Copyright (c) 1998
Kevin Bowen, Thomas J. Crugnale, Joseph M. Huber and James
Carter
Traduction : Crapahute
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